Le Pape fait bon accueil à une Bible interconfessionnelle révisée

Le Pape reçoit une Bible interconfessionnelle

Portant le petit nom de TILC — pour traduzione interconfessionale in lingua corrente — une Bible italienne se veut un livre pour tous les chrétiens. Son texte est interconfessionnel et vient d’être adapté à la langue d’aujourd’hui. Le 29 septembre 2014, le Pape François a reçu solennellement la version révisée de la TILC.

En 1985, le Pape Jean-Paul II recevait solennellement une nouvelle traduction biblique de la part de la Société biblique italienne (SBI) et de ses partenaires. Il s’agissait de la première Bible dans la langue du peuple, c’est-à-dire un langage simple et actuel. Mais c’était aussi la première Bible traduite en italien selon les Directives concernant la coopération interconfessionnelle dans la traduction de la Bible issues d’un accord intervenu entre le Vatican et les Sociétés bibliques.

En septembre 2014, presque trente ans plus tard, le Pape François a reçu la TILC révisée.

Accueil chaleureux au Vatican

Trente-trois personnes ont pris part à l’audience privée. Parmi elles, des traducteurs de la première heure de cette Bible maintenant révisée. La Société biblique suisse (SBS), en sa qualité de coéditrice, était représentée par Eva Thomi, directrice et Karl Klimmeck, vice-directeur. Après l’allocution de Valdo Bertalot, secrétaire général de la SBI, le Pape s’est adressé aux personnes présentes en les assurant de ses remerciements chaleureux pour cette nouvelle Bible. Puis il se détacha de ses notes, donnant du même coup une touche personnelle et très sympathique à cette rencontre formelle. Il s’est remémoré qu’en Argentine, la traduction interconfessionnelle de la Bible avait elle aussi beaucoup contribué à une meilleure compréhension de la Bible. Plein de vivacité, son récit de l’époque où ils purent acquérir, pour leur mission, cette Bible « avec un beau rabais » auprès de la Société biblique argentine, fit sourire tout l’auditoire. Le Saint Père remercia les auteurs et les éditeurs pour leur important travail, puis invita ses hôtes à prier tous ensemble le Notre Père. Après avoir été présenté personnellement au pape, chaque participant eut l’occasion de s’entretenir individuellement avec le chef de l’Eglise catholique romaine.

Une traduction qui soulève encore l’enthousiasme

Le succès que la TILC a rencontré étonne encore. Avec son langage contemporain, elle a touché un lectorat qui vit dans un environnement sécularisé et n’est pas habitué au vocabulaire traditionnel des Eglises. Alors que dès 1985 d’aucuns accueillaient la nouvelle traduction avec enthousiasme, d’autres attiraient l’attention sur ses limites. Avant de commencer la révision, on rassembla des avis issus de différents cercles. Il y avait des éloges et des critiques de la part d’exégètes et de scientifiques, des suggestions pratiques de la part de pasteurs et de catéchètes, des appréciations de littéraires et de linguistes, et des avis de chrétiens, pratiquants ou non.

En outre, une vaste enquête a révélé que la TILC est encore et toujours appréciée : par des pasteurs pour aider les croyants à avoir accès à la Bible ; par des congrégations chrétiennes avant ou après des rencontres où une autre traduction avait été utilisée ; par des groupes d’étude biblique qui l’emploient de préférence à d’autres, plus littéraires. Par contre, pour une étude en profondeur, une traduction traditionnelle serait conseillée, voire même la langue originale.

Retravaillée et complétée

Au cours de la révision, on a corrigé les fautes et les inexactitudes, on a adapté le texte à la langue d’aujourd’hui, et enfin on a pris en compte les dernières connaissances scientifiques. Parmi les innovations, il faut mentionner une fonction passerelle — qui aide à trouver les citations bibliques connues — ainsi qu’un lexique et un registre analytique.

Mais la version révisée a conservé les caractéristiques de la Bible d’origine. Ses seules sources sont les textes hébreu et grec (dans les versions critiques actualisées). Elle respecte les principes scientifiques fondamentaux reconnus de la traduction. Elle donne la préférence, à chaque fois que c’est possible, à l’équivalence dynamique (et sémantique) — qui cherche à rendre le sens accessible au lecteur — plutôt qu’à l’équivalence formelle — qui s’attache à respecter la forme du texte source. Cette manière d’agir a été choisie pour atteindre l’objectif premier : offrir à tous, croyants ou non, une lecture fluide.

Valdo Bertalot, secrétaire général de la SBI
Eva Tomi, directrice de la SBS

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