Le handicap n’est pas une inaptitude

Devenu aveugle à l’adolescence, Esbon Umbo a traversé une profonde période de désespoir avant de retrouver espoir et dignité. Son histoire illustre comment la foi, l’accompagnement et la solidarité peuvent ouvrir un chemin de guérison et de renouveau. Dans cet article, Margret Tabu, engagée auprès de la Société biblique du Soudan du Sud, met en lumière un témoignage puissant où le handicap ne définit pas les limites d’une vie.

L’histoire d’Esbon Umbo – Un sourire dans l’espérance vivante de Dieu

Par Margret Tabu, engagée bénévolement depuis 2025 auprès de la Société biblique du Soudan du Sud, où elle coordonne la distribution de Bibles et les programmes de Faith Comes By Hearing (FCBH), et formatrice en accompagnement des traumatismes.

Texte principal (version web)

Le Soudan du Sud fait partie des pays les plus pauvres du monde. Selon la Banque mondiale, une grande majorité de la population vit dans la pauvreté, aggravée par des conflits persistants, des structures fragiles et des catastrophes naturelles récurrentes. Esbon Umbo est l’un de ceux dont la vie a été profondément bouleversée par cette réalité.

Meditation vor dem Kreuz, Bibelgesellschaft Südsudan

Esbon confie son destin au Christ et demande à Jésus-Christ de lui apporter réconfort et force pour la suite de son chemin.

Le début d’une longue période d’obscurité

Esbon a grandi à Lemon Gaba, près de Juba, comme un jeune plein de vie. En 2018, un problème apparemment bénin – une démangeaison persistante aux yeux – marque le début de son épreuve. Les médecins constatent qu’un voile obscur recouvre progressivement ses yeux. Une opération aurait pu le sauver, mais sa famille n’en avait pas les moyens. En septembre 2019, encore adolescent, Esbon perd complètement la vue.

Le choc est immense. Pendant trois mois, il s’isole, refuse tout contact et vit dans la peur du regard des autres.
« La honte m’empêchait d’interagir avec les autres. Je me sentais inutile, sans voix et invisible. »

L’obscurité n’est pas seulement physique : elle devient émotionnelle, spirituelle et psychique. Esbon en vient à perdre toute espérance.

Le réconfort de la Parole de Dieu

En 2020, Esbon participe à un programme de gestion des traumatismes organisé par la Société biblique du Soudan du Sud. Ce programme associe accompagnement psychologique et messages bibliques pour favoriser la guérison intérieure.

Pour lui, c’est un tournant décisif. Il découvre que sa vie garde une valeur et que Dieu l’aime malgré tout.

« Dieu avait un autre plan. Au cœur de mon désespoir, j’ai retrouvé l’espérance. Ce programme m’a transformé et m’a rappelé que Dieu est avec nous, même dans les moments les plus sombres. »

Soutenu par sa communauté, encouragé par la prière et l’accompagnement, Esbon commence à se reconstruire.

Un nouveau chapitre s’ouvre

Umbo (vom „Green Jazzy“) spielt ernsthaft Fußball bei der South Sudan Blind Football Association (SSBFA)

Umbo (du « Green Jazzy ») joue sérieusement au football au sein de la South Sudan Blind Football Association (SSBFA)

Grâce à un centre spécialisé, il reçoit également un soutien concret. Il y apprend à vivre avec sa cécité, développe de nouvelles compétences et rencontre d’autres personnes dans la même situation.

« Mes frères et sœurs aveugles sont devenus ma force. Ils m’ont montré que la cécité n’est pas une fin, mais le début d’une nouvelle façon de voir la vie. »

Esbon découvre alors une passion inattendue : le cécifoot. Il devient l’un des meilleurs joueurs de l’association nationale et remporte un trophée en 2021 à Juba.

« Ce qui me semblait être la fin de mon histoire est devenu le début d’un nouveau chapitre. »

Service, dignité et famille

Aujourd’hui, Esbon s’investit pleinement dans sa communauté. Batteur dans son Église, il participe activement aux cultes et aux temps de louange. Il a retrouvé sa place, sa dignité et la confiance de sa famille.

En tant qu’aîné, il est respecté par tous, y compris par sa grand-mère, qui a reçu une Bible audio.

Avec reconnaissance, il témoigne :

« Vous m’avez redonné espoir, dignité et un avenir. Mon histoire montre que, même dans la plus grande obscurité, la lumière de Dieu peut percer. J’étais perdu, et aujourd’hui je suis retrouvé. Et si Dieu a pu le faire pour moi, il peut le faire pour chacun. »

 

Margret Tabu, Bibelgesellschaft des Südsudan

Margret Tabu, Société biblique du Soudan du Sud

Cecilia Kaiwa Harun, Generalsekretärin der Bibelgesellschaft im Südsudan schildert, wie Psalm 46 ihn durch Krieg, Wirtschaftskrise und Unsicherheit trägt – und warum die Bibel in der Muttersprache für sein Land mehr ist als Trost: Sie ist Fundament für eine neue Nation.